Auteur : © Ari
Compte rendu jeudi 15 avril
(Attention, c'est un peu long. Courage à ceux qui iront jusqu'au bout...)
Compte
rendu du jeudi 15 avril
// Compte rendu du jeudi 29
avril
INTERVIEW
: Steeve le matin de la Final
//
COMPTE RENDU DE
LA FINAL 13 mai (13 pj)
Compte Rendu -
Baltard,
dernière !
(13 pj)
Rendez-vous à 17h30 à place de la Nation avec ma frangine.
Caroline (ma pote de M6) nous a demandé d'arriver avant 18h30.
Quatre stations de RER plus tard, welcome to the Pavillon Baltard.
Il y a trois queues bien distinctes, dont une est déjà bien remplie : c'est
celle du tiers-état, des sans-culottes de la télé-réalité, ceux qui ont trimé
dur pour réserver et obtenir une place. D'habitude, je suis dans ce genre de
queues... La deuxième queue est constituée des proches parents et invités des
candidats. Je ne reconnais personne de (déjà) vu dans la lucarne. La troisième,
m'explique un grand barbu avenant, est la mienne : ce sont les invités de M6, et
nous sommes une cinquantaine de privilégiés à tout casser.
Nous attendons devant une petite porte bleue sur laquelle est disposé une
affiche "M6/Freemantle". L'ambiance est extrêmement jeune, voire pré-ado (ma
soeur m'explique que ce sont les vacances scolaires), et je commence à prendre
quelques notes sur mon carnet de poche.
En attendant que la porte magique s'ouvre, nous regardons la foule autour de
nous : c'est de plus en plus jeune, et pro-Charles à mort. Ca piaille, ça hurle,
ça vocifère... et ça se déchaine totalement quand Charles himself fait une
apparition pour saluer "son" public. J'aborde un groupe de gamines de 11-12 ans
maximum et leu demande la raison de leur soutien à Charles. Une gamine sapée
comme une ado aguicheuse répond instantanément :
"Parce qu'il est beau et parce qu'il chante bien".
Je demande sans trop y croire : "Mais y a pas des fans de Steeve dans votre
bande ?". Une autre, un poil plus agée (13 ans max), s'avance et lève timidement
la main. "Pourquoi tu l'aimes, Steeve ?" suis-je curieux de savoir (elle avait
trois ans quand Kurt Cobain est mort !).
"Parce qu'il chante bien et parce qu'il est beau".
Allez comprendre...
Mais, l'honnêteté m'oblige à constater que c'est le p'tit père Charles qui se
taille la part du lion. Ca m'agace, et je pense alors à David qui y va
régulièrement de son post pour nous encourager à voter, chaque jeudi que la
Nouvelle Star fait. Et là, David, je me dis que tu as vachement raison. Parce
que Charles risque d'être un concurrent de taille, à défaut d'avoir du talent.
Il est 18h30, la petite porte bleue est toujours fermée, et on commence à
s'ennuyer. Ma soeur me raconte son rêve de la nuit dernière. Hallucinant, le
rêve : juste avant de chanter, elle voit Laura tomber dans les pommes suite à un
mauvais malaise. Elle se lève pour lui porter secours (ma soeur est médecin), et
la réanime en un rien de temps. Laure chante sublimement bien, et remercie ma
frangine sans qui elle n'aurait jamais pu faire son numéro. Elle est mortelle,
ma soeur !
Sur ces entrefaites, ma pote de M6 débarque, et nous ouvre elle-même la porte.
Ma pote est responsable communication de M6 Web, et j'apprends ce soir-là
qu'elle va à tous les primes, et passe son temps avec Maître Nadjar à "vérifier
que tout se passe bien". Bien entendu, je brûle d'une curiosité j'en suis sûr
partagée, et lui demande de me donner quelques secrets d'arrière-cuisine. "Je ne
peux rien dire, vraiment rien..." Dit avec le sourire, mais sans appel.
Nous rejoignons une nouvelle queue à l'intérieur du Pavillon Baltard, et
recroisons Charles, toujours très pro, en train de faire la bise et signer des
autographes à une procession de fillettes énamourées. L'épiderme commence à
sérieusement me chauffer. Je me dis que Steeve doit être sagement être en train
de se concentrer, que lui, il a un boulot, un vrai, et qu'il s'y prépare avec le
plus grand sérieux. AU fond, la présence de Charles, devant nous, est logique.
Son boulot à lui, c'est plaire et se regarder dans le regard de ses adoratrices.
Et y a pas à chier, il faut reconnaître qu'il le fait très bien.
Avant de nous installer, il faut obligatoirement passer par la case vestiaire et
quasiment tout y laisser. Je ne peux garder que mon carnet, mon stylo et mon
bandana vert. Adieu mon sac, mon téléphone, ma bouteille d'eau et mes Granola !
Dur !
Une brune ravissante se propose de nous installer. Ma soeur a immédiatement visé
les places derrière le jury (elle est folle de Manu Katché), et se dirige
spontanément vers la place ciblée. La brune ravissante ne l'entend pas de cette
oreille et nous fait gentiment comprendre que nous ne sommes pas assez colorés
pour prétendre à cet honneur. Je me dis in petto : "Chouette, vive la France
multi-raciale, les blancs doivent s'asseoir aux places où on voit le moins bien
!". Mais bon, la blonde siliconée au body rose fluo qui se trouvera finalement
derrière Manu n'est pas de la couleur que je préfère. Après bien des palabres
(la brune de moins en moins ravissante voulait nous flanquer au milieu d'un
groupe Charlophile. Ma soeur lui a jeté son regard le plus noir, et on a obtenu
gain de cause), on finit par s'installer dans la tribune de gauche - quand on
regarde la scène - à quelques mètres à peine du carré rutilant réservé aux
chanteurs une fois qu'ils ont terminé leur prestation. Fin du premier round : il
est 19h20, et je commence à avoir faim.
La mère de Steeve, installée depuis un bon bout de temps, se retourne et chauffe
la salle en brandissant la pancarte à l'effigie de son splendide rejeton. Elle
me plait beaucoup, cette dame, et les allées et venues étant encore permises, je
m'approche du premier rang et attends que son regard croise le mien pour lui
adresser (à peu près) les mots suivants :
"Bonjour madame. Excusez-moi de vous déranger. Je voulais vous dire... On est
beaucoup, beaucoup à être fan de Steeve. Je voulais vous dire... (oui, je perds
un peu mes moyens) Ce n'est pas de l'idolatrie aveugle. Votre fils, il nous fait
juste respirer un peu mieux...". Elle semble ravie, me remercie d'un grand
sourire et me répond avec douceur : "Oui, c'est vrai, ça fait respirer". A peine
surpris par cet accueil chaleureux (comment pourrait-il en être autrement ?
C'est la mère de Steeve, bordel !), je reprends la parole, et lui dis à quel
point c'est bon d'être ici.
Dans la famille Steeve, je voudrais la grand-mère ! Et ouais, sur se coup, c'est
elle qui prend le relais, et me remercie avec la même affabilité. Ces gens-là
ont l'air heureux, et rendent heureux ceux qui les approchent. Je pense à cette
tornade de bonheur qui leur est tombée dessus depuis quelques semaines, et je me
dis que si ça existe, cela doit ressembler à ça, l'état de grâce.
19h45. Le temps s'étire. Ma copine de M6 (perle rare de chez perle rare) m'amène
des barres chocolatées alors qu'elle s'apprête à aller dîner avec toute l'équipe
de production. On s'ennuie un poil, et je n'ai même pas le stress pour
m'occuper. Depuis que je sais que Steeve va chanter Nirvana, je suis
incroyablement zen. Je suis convaincu que cette soirée va être le début d'un
envol encore plus spectaculaire...
20h05. Apparition redoutée du chauffeur de salles. Il n'est ni plus ni moins
sympa que la moyenne des chauffeurs de salle. Il est juste aussi chiant... qu'un
chauffeur de salles. "Mettez les bras en l'air pour faire un test", "Montrez vos
panneaux", "Faut que ça soit le délire, ce soir", "Vous êtes là ? ... Je ne vous
entends pas, vous êtes lààààààààààààààà ?". Ma soeur et moi, on boycotte en
bouffant nos Lions. Mais un Lion, ça se bouffe vite, et notre nouvel ami n'est
pas pressé d'en finir. Il continue de marteler ses précieux conseils et
d'égrener tout un chapelet d'interdictions et de contraintes que l'on résumera
allègrement en une simple phrase : "Pendant les chansons, vous devez mettre le
feu. Le reste du temps, merci de fermer votre gueule !".
Ah si, on a droit en exclu à une info intéressante avec l'ordre de passage des
candidats. Steeve en 6, jen étais sûr. Pour M6, ça devient de la
steevo-dépendance de plus en plus aiguë. Le mettre à tout prix en dernier (au
mépris du fair play le plus élémentaire si on y réfléchit à deux fois) pour que
l'audimat explose ! En tous cas, c'est bon signe, et ça me rassure encore un peu
plus pour autant que j'ai besoin d'être rassuré.
Le cerbère autocrate ne se calme pas et passe désormais son temps à dire : "ça
va être un truc de ouf" en remuant les bras. Ca commence à me gonfler, et il y a
encore une demi-heure à tenir.
Mais les à-côtés font passer le temps : Maître Nadjar débarque (sacré Nadjar. Je
ne sais pas pourquoi, ce mec, totalement décalé dans cet univers, me fait triper).
La femme de Julien est encore plus belle en vrai. La mère de Babeth est
totalement hystérique... Société du spectacle.
Benjamin Castaldi, finalement, arrive sur le plateau et joue avec le public.
Avec infiniment plus de finesse que son prédécesseur. "Je compte sur vous.
Vraiment... On peut faire une émission sans un bon animateur, mais c'est
impossible sans un bon public !". Démago, mais efficace. Et ça repose de
l'histrion vibrionnant et vagissant de tout à l'heure.
20h40. Ca devient chaud. D'ailleurs, il fait chaud... Pendant que vous matez la
pub, on voit les six candidats en rang d'oignon. Ma soeur se lève sur sa chaise,
et hurle à la mort : "Steeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeve !".
Bonne ambiance. La cage tombe sur nos amis candidats, et le prime va enfin
commencer.
Le groupe - Ca se sent que c'est toi
Bien envoyé. Ambiance vraiment électrique sur le plateau. Je suis curieux de
savoir quel est le ressenti devant la téloche.
Julien - Feel
Problème avec le son. Les ingénieurs se sont endormis, et ça fait bizarre. Un
sourire radieux illumine néanmoins le visage de la femme de Julien, au moment où
ce dernier envoit la sauce. Genre : "P'tin, ça y est, il s'est lâché, mon chéri
!". Je trouve ça correct, dans le ton des performances habituelles de Julien. Je
ne suis ni emballé, ni vraiment critique.
Amel - Everything I do
Le son est catastrophique. Tout le début de la chanson est salopé. Mais j'adore
son interprétation. Amel, je l'aime de plus en plus. Et si elle très loin
derrière Steeve à mes yeux, elle est également très loin devant tous les autres.
Après leur duo (qui ne m'éclate pas des masses), Amel et Julien viennent
s'asseoir à exactement quatre mètres de moi, dans le carré de fauteuils en
velours rouge dont je vous parlais plus haut. Ils vont alors donner autographes
et bisous à leurs fans avec une patience absolument impressionnante. Amel n'est
pas très jolie, mais elle me plait beaucoup.
Charles - J'en rêve encore
Au début, je reste consciencieusement assis (et ne vois donc strictement rien.
Tout le monde est débout pendant les chansons). Mais bon, ma soeur me fait
remarquer que c'est un peu puéril, et elle n'a pas trop tort sur le coup. Je me
lève, et je ne le regrette pas. Charles n'arrête pas de se tenir le ventre avec
un signe qui ne trompe pas : il a des spasmes qui le font atrocement souffrir,
et il est sur le point de vomir son quatre-heures. Comme il ne vomit pas, je
finis par penser que c'est sa manière de danser. C'en est enfin terminé après
une tentative de plongeon Steevien. Lamentable imitation d'un style qui lui va
aussi bien qu'un string à Marianne James.
Pemière pause publicitaire. Le cerbère hurleur revient sur scène, et engueule
les 2/3 du public pour leur participation en berne. "Faut que ce soit un truc de
ouf, je vous l'ai déjà dit. Un truc de ouf". Cette fois-ci, il ne le dit que
trois fois en cinq minutes, ce qui ne manque pas de faire dégringoler sa moyenne
horaire.
Petite chute de tension, en ce qui me concerne. Fait chaud. J'ai soif. Pas
d'eau. Ma soeur a une grosse pêche, et hurle son amour immarcescible (ouais, ok,
je me fais plaisir, j'aime bien employer ce genre de mots
)
à l'adresse de Manu Katché qui a l'air de s'en foutre total, le salaud !
Babeth - What's love
Ma soeur adore. Moi, ça ne me touche pas du tout.
Je suis plus occupé à regarder Laurent et Amel danser pendant que leur copine
chante. On sent que cette camaraderie qui s'est nouée n'a rien de factice. C'est
un joli moment...
Le deuxième duo m'a encore moins marqué que le premier. Babeth et Charles sont
les deux que ça ne me dérangera pas du tout de voir partir.
Deuxième pause pub. Oublions un instant le cerbère qui fait à nouveau des
siennes. Et concentrons-nous un instant sur Benjamin Castaldi. Je suis
agréablement surpris par ce mec qui ne répond absolument pas aux standarts de
l'animateur inabordable et prétentieux. Il ne hurle pas sur le régisseur, est
sympa avec sa maquilleuse, n'a aucun caprice de diva. Et en plus, il fait le
spectacle, notamment en se tapant, plutôt avec talent, la choré de Michaël
Jackson (y a que nous qui y avons droit !) quand l'ovni blondinet (les
Inoubliables) fait son show hebdomadaire. Le seul truc que je peux ouvertement
reprocher à Castaldi sur cette soirée, c'est son double jeu hypocrite sur
l'affaire Steeve-Laura. Pendant une pause pub, il parle des deux présumés
tourtereaux en disant qu'il ne faut jamais croire ce qu'il y a écrit dans les
journaux. Alors qu'il n'aura de cesse pendant le direct (en tous cas, c'est ce
qu'il m'a semblé) de lancer des allusions plus lourdes les unes que les autres.
En rejoignant son carré, Babeth tombe dans les bras d'Amel. Elles ont l'air
vraiment proches. Et moi, je meurs de soif ! Mais grave... Tout le monde hurle.
Le cerbère est content. Il dit que c'est bientôt la fin, et qu'il faut tout
donner. Ce n'est pas la fin, c'est la soif (ok, je sors...) !!
Après un rockcollection un peu décevant à mon goût (Steeve n'y est pas du tout,
ça a l'air de le gonfler grave), c'est au tour de...
Laura - Zombies
... et là, mesdames et messieurs, c'est un très grand moment.
Je ne peux pas vous dire grand chose de la performance de Laura tant le public
hurle la chanson avec fièvre. Laura a du mal à se faire entendre, mais je la
trouve très pro, et bien dans ses pompes. Elle ne m'a pas transporté, mais elle
ne m'a pas laissé de glace non plus. Et, y a pas à tortiller du cul, elle est
incroyablement belle, la p'tite.
Pendant que le jury commente sa performance, je m'affaisse un peu. C'est que
l'heure de vérité n'est plus très loin. De très zen, je suis passé à un poil
nerveux, et le reportage sur Steeve (qui dit encore des choses magnifiques sur
le spectacle en général, et son travail en particulier) n'atténue en rien ce
stress que j'avais cru oublier.
Et puis... Et puis... Et puis...
Steeve - Smells like teen spirit
C'est sauvage. Non, ce n'est pas sauvage, c'est une tuerie. C'est LA tuerie.
J'ai trouvé ça mieux que Kurt Cobain. Je suis totalement sous le choc. Julien
applaudit à tout rompre alors que Charles ne pipe pas mot.
Putain, Steeve. Tu m'as encore tué. Le pire, c'est que je le savais. Même pas
stressé, le Ari (oui, au fait je m'appelle Ari). Enfin, presque pas stressé.
C'était beau, c'était âpre, c'était bestial. C'était à mourir, putain. A
mourir... A mourir... P'tin, j'suis même pas mort.
Pendant qu'ils passent la deuxième série de leurs très oubliables Inoubliables,
la cage blanche se referme sur Steeve et Laura, en préparation de leur duo.
S'ils sont ensemble, c'est le moment ou jamais pour se rouler une pelle. Ca
serait rock'n roll !
Le duo est superbe, mais il est presque 4h du matin, et j'ai l'intellect qui
commence à se situer quelque part au niveau du clavier. Laura assure encore, et
Steeve est Steeve. Les superlatifs finissent par manquer.
Et là se produit l'autre grand moment de la soirée.
Leur duo terminé, Steeve et Laura viennent s'asseoir à côté de leurs quatre
compagnons. Ils n'y resteront que trois minutes, le temps de repasser un extrait
des prestations des six candidats. Trois minutes, seulement. Suffisantes,
pourtant. Je saute de ma chaise, j'ai trois mètres à faire pour tenir ma
promesse à Averell. Steeve signe quelques autographes. Et c'est maintenant mon
tour. Steeve semble surpris par l'absence de stylo. Je tends juste ma main, il
la serre par réflexe, un peu sonné. Je lui dis : "Merci Steeve. Vous n'pouvez
pas savoir ce que vous nous faites comme bien !". Je lui fais mon plus beau
sourire, il semble à la fois proche et très loin, présent et ailleurs. Il me
décoche un léger sourire d'automate, mais je suis super content, quand même.
J'ai à peine le temps de lui sourire une dernière fois qu'un service d'ordre
énergique demande à chacun de s'éloigner.
Dernière pause publicitaire. L'aboyeur revient une dernière fois, et nous en
sort une énorme : "On va accueillir Maitre Nadjar, faut que ce soit le délire
sur son arrivée. P'tin, j'en ris encore... Le délire sur l'arrivée d'un
huissier. Ouais, t'as raison mon gars.
Les chanteurs ont rejoint la scène. La tension est palpable. Et Steeve,
légèrement en retrait, tourne en rond. Benjamin leur demande de se mettre en
rang d'oignons. La seule scorie véritable (et récurrente) de cette très belle
émission va bientôt commencer.
Nadjar arrive, je suis accablé. Je déteste ce moment. Parce qu'il est CE moment,
cruel, et parce qu'en plus Charles va rester. Je le sens.
Aucun stress pour Steeve en revanche. Plus les semaines passent, et plus je le
sens totalement invulnérable (même au niveau marketing, ce mec est devenu de la
bombe).
Je ne vous la fais pas longue. Je suis crevé, et c'est vraiment un moment que je
n'aime pas. Je vous dirai juste mon petit cri bref et sec (Yeeeeeeeeeeees !)
quand Steeve est sorti du rang. Je me suis surpris à souhaiter que Laura
revienne en sixième semaine. Et je n'ai pas versé de larmes de crocodile sur le
sort de Babeth que je trouvais sympathique, mais c'est tout. Charles est encore
là. Grand bien lui fasse. Pourvu qu'il ne se retrouve pas dans les deux ou trois
derniers...
Amel se barre, effondrée. Les coulisses l'attendent pour pleurer.
Steeve passe embrasser sa mère, et moi je me barre au vestiaire chercher ma
putain de bouteille d'eau !
C'était sublime, j'en ai eu plein les yeux.
Et j'aime Steeve. Un peu, beaucoup, passionnément.
Il n'est pas la nouvelle star de cette émission, il est beaucoup plus que cela.
J'en suis sûr, maintenant.
Ari
PS : j'ai rematé leurs prestations à la téloche. C'est incroyablement moins
fort. Sur place, ça fait vraiment concert, c'est totalement électrique. La TiVi
renvoit une image et un son extrêmement pauvres par rapport à ce qu'on voit et
ce qu'on entend.
Compte rendu du jeudi 29 avril
Compte
rendu du jeudi 15 avril
// Compte rendu du jeudi 29
avril
INTERVIEW
: Steeve le matin de la Final
//
COMPTE RENDU DE LA FINAL jeudi 13 mai
Deux semaines après avoir assisté à la première émission de télé de ma vie, me
revoilà sur les lieux du crime. Mais cette fois-ci, ce
n'est plus ma soeur (de garde, ce soir-là) qui m'accompagne, mais ma copine (LN)
et ma "forumeuse" fétiche (RockMe).
Je sais également que je vais avoir le plaisir de croiser Pelisse qui m'a passé
un coup d'bigo la veille, et qui a réussi à choper une place.
J'ai donné rendez-vous à RockMe à 6 heures pétantes devant la grande
grille, à l'entrée. Le signe de reconnaissance (et ouais, nous ne nous sommes
encore jamais vus !) ? Mon bandana vert... que les caméras s'obstinent à éviter.
Ma chérie arrive tout juste du taf, RockMe est vite identifiée, et
j'appelle Pelisse qui se trouve être à quelques mètres de moi. Je ne rentrerais
pas dans des descriptions fastidieuses, mais on ne peut décemment pas ne pas
dire un mot sur la scandaleuse Pelisse qui, en plus d'être intelligente et
sympathique, est plus sexy que le plus sexy de ses avatars. Elle attend pour
rentrer que la famille de Steeve vienne la chercher. Il y a deux mois, Pelisse
n'avait jamais entendu parler de Steeve, maintenant elle fait partie de
sa famille ! L'adoption est rapide, mais au pays de Steeve, plus rien ne
m'étonne.
Nos chemins se séparent donc temporairement, le temps pour RockMe, LN
et moi de nous rendre devant l'entrée VIP et d'y attendre de longues minutes
(les entrées VIP ne sont plus ce qu'elles étaient) que l'on veuille bien nous
faire rentrer.
Je montre à RockMe le livret que j'ai mis en page et dont elle a eu
l'idée ; c'est notre réalisation commune, ou plutôt notre co-réalisation si on
compte la petite vingtaine de contributeurs de ce forum qui ont écrit un texte
pour Steeve : mots tendres, émouvants, sincères où transparaît tout ce que
Steeve a su susciter en si peu de temps. Cet air que l'on respire, que l'on sent
moins vicié, comme chargé d'un oxygène de combat ! Ce livret, nous allons
l'offrir à Steeve et à sa maman.
Une fois rentré, je cherche Pelisse du regard, et la vois déjà installée dans le
carré réservé aux proches de Steeve. C'était donc bien vrai... LN,
RockMe et moi arrivons à nous glisser quelques rangs derrière. Il est
l'heure pour moi d'offrir le livret à Mme Estatof (RockMe se
chargera de Steeve). Cette dernière me reconnaît (on avait brièvement
causé il y a deux semaines) et me demande mon prénom.
"Ari, dis-je en lui tendant le livret. Voilà, on souhaite vous offrir un petit
cadeau de la part des fans du forum officiel de votre fils".
Elle est touchée, vraiment touchée. Et ne semble toujours pas revenir de la
fascination exercée par son gamin. Elle me dit que le cadeau lui fait d'autant
plus plaisir que c'est aujourd'hui son anniversaire, et que demain, c'est celui
de son mari. Sacré bon timing, didon. La grand-mère de Steeve n'est pas en reste
qui me saute au coup, me fait la bise et me glisse à l'oreille des propos trop
scabreux pour être répétés ici. Bon, allez, vraiment parce que c'est vous...
J'ai droit à un retentissant "Merci, que Dieu vous bénisse" qui m'anesthésie
trente secondes, mais me fait bien triper. Si maintenant Dieu s'en mêle,
Steeve n'a qu'à bien se tenir !
Je reviens à ma place devant les yeux éberlués de ma chérie. Depuis deux mois,
elle s'est habituée à mes bouffées d'enthousiasme, mais là, elle réalise
vraiment. Son chéri est à moitié dingue, et il aime ça !
Je passerai sous silence l'intervention désastreuse du chauffeur de salle
(différent d'il y a quinze jours. Pire...) dont les émoluments semblent
directement indexés sur le nombre de plaisanteries graveleuses pitoyablement
sorties de ce qui lui fait office de bouche.
LN me dit qu'elle va supporter Amel, ce que je savais déjà. Ce
soir, RockMe sera ma plus fidèle alliée !
Les minutes s'égrènent, Castaldi joue du piano, les proches de Laura font
les bouffons (ils miment les gestes des galériens de jadis et hurlent à la façon
des rameurs d'aujourd'hui. Sacrée prémonition...), et on se fait salement chier.
Pelisse, à une dizaine de mètres, tchatche avec un mec dont j'apprendrais plus
tard qu'il est l'oncle de Steeve. Le tunnel publicitaire a enfin commencé...
J'aime bien les tunnels publicitaires sur le prime : on ne voit aucune publicité
! Skip Black Velvet de mes deux, et ça y'est, c'est parti...
J'ai besoin d'amour
Je ne suis pas rentré dans le truc. La chanson est bof, et les quatre
mousquetaires semblent assurer un service minimum (on imagine qu'ils ont
d'autres chats à fouetter pendant la semaine, et que les chansons de groupe ne
sont rien d'autre qu'une sale corvée).
Julien
Excellent sur "Je vais t'aimer", pas mal du tout sur "Stand by Me", mais j'ai un
problème avec Julien. Je ne l'aime pas. Je n'aime pas sa façon de pointer son
doigt vers le jury et le public à tout bout de champ, je n'aime pas sa manière
de se cogner le coeur avec son poing. Je trouve ça faux et ridicule. Ma chérie
est totalement d'accord avec moi et pendant que Julien est applaudi par
la foule hystérique (l'ambiance est incroyablement plus chaude qu'il y a deux
semaines !), elle lui hurle à la tronche : "Julien, on t'aime pas !".
Laura
"Be my baby" me plonge dans un silence religieux. A moins que je ne me sois
furtivement endormi, je ne sais plus... Aucune appropriation de la chanson, du
Vanessa sans le paradis, on s'emmerde ferme. Sur "Au fur et à mesure", je suis
très étonné par les appréciations du jury. Ca ne m'a pas du tout touché. A ce
stade, je dois avouer un léger manque d'objectivité. Je ne peux plus la saquer.
Hors caméras, cette gamine est indigne de ses camarades. Minaudeuse à l'extrême,
Laura passe son temps à essayer de se faire remarquer : s'aggrippe à
Steeve, tourne autour d'Amel, jongle avec des roses, mime des centaines
d'embrassades à un public transi (et là, LN et moi de hurler "Laura, on t'aime
pas !"), fait semblant d'exulter... pour ne pas pleurer, à coup sûr. Cette nana
semble scotchée par ce qu'elle voudrait lire dans le regard des autres.
Totalement extérieure à elle-même : ça pue le manque de confiance et
l'adolescence pas terminée. Je pense que vous avez compris : elle m'énerve
grave. Et je ne comprends pas ce que Steeve peut lui trouver (si tant
est...). Par contre, je saisis immédiatement ce qui a plu à Laura chez Steeve,
outre son talent et sa belle gueule. Si un putois priapique lui renvoyait une
image positive d'elle-même, Laura aimerait ce putois.
Le duo Julien-Laura
Très bon. Vraiment très bon.
C'est con que je ne les aime pas.
Amel
Depuis quelques semaines, Amel met tout le monde d'accord. Même moi. Le décalage
entre sa façon de parler et de chanter est stupéfiant, et sur "Fallin'", je suis
vraiment sur le cul. La finale Steeve-Amel sera anthologique. La chanson de
Pagny lui va un peu moins bien, mais LN adore, adore, adore... Ca a beau être
Amel... et ça a beau être ma chérie, tout cela commence à m'agacer. Amel, arrête
d'être aussi bonne, sois gentille. Finir deuxième, c'est vachement bien, tu sais
!
Steeve
Question pour un champion : je suis chanteur à la Nouvelle Star (saison 2), et
depuis cinq semaines, je suis toujours le dernier à chanter. De préférence,
après un long tunnel de publicité. Qui suis-je ?
Bon, Steeve. Je ne comprends pas ce que te veut le jury, ni ce que j'ai lu sur
le forum, une fois rentré. Je t'ai trouvé excellent sur "Combien de temps". Le
début, à la Eicher, était magnifique de maîtrise. Mais il semblerait que le jury
en ait marre de ta rocaille, de ton génie scénique, de ta folie douce. Et puis,
bon, je mate ta prestation à la télé : et ouais, c'est vrai que c'est un poil
moins tripant. Tu es fait pour la scène, Steeve. La télé ne restitue que le
quart de l'embryon du commencement du début de ton talent.
Je suis scotché par ta reprise de Vartan. Je déteste cette chanson, tu
m'entends. Vraiment. La première fois que je l'ai entendue, j'avais sept-huit
ans, et déjà, j'avais détesté ! Mais, t'es trop fort, camarade. Plus c'est
impossible, et plus ça l'fait. Je suis néanmoins stressé : j'ai trouvé ça super,
mais insupportablement super. Pas sûr que les gens votent pour un truc aussi
hybride. A la fin de cette chanson, alors que tu t'apprêtes à rejoindre les
coulisses, le pianiste te tend une main complice que tu ne toppes pas. Le mec
s'est pris un sacré vent... Correction : a failli se prendre un vent ! Tu
réalises, reviens sur tes pas, et lui entoure les épaules de tes bras avec ce
qui ressemble à de l'affection.
Le duo Steeve-Amel
Amen.
PS1 : Dieu m'a béni, je vous rappelle.
PS2 : c'est beau un Steeve très calme. C'est incroyablement beau.
Quelque chose en toi
La meilleure version chantée par le groupe.
Beaucoup d'engagement, de la classe. Steeve fait encore le show en grimpant sur
les échaffaudages du Pavillon. Il redescent en quatrième vitesse, quelques
secondes avant que cela soit son tour de chanter (ce moment est-il passé à la
télévision ?) Chacun se dit sans doute qu'il risque de chanter pour la dernière
fois à la télévision avant un bon bout de temps. Dernière occasion pour l'un
d'entre eux de tout donner. C'est bien envoyé...
Avec RockMe et LN, on fait les paris. Pour moi, c'est sûr, Julien va partir.
Amel est intouchable, et M6 a trop besoin de son duo d'apprentis amoureux.
RockMe espère que ce sera Laura. Pendant la dernière pause publicitaire, les
candidats restent sur scène, et vaquent à diverses occupations. Répondent à des
ITW (probablement, nos amis belges), disent bonjour qui à leur femme, qui à
leurs fans, s'appuient contre le piano. Oui, Steeve reste cinq minutes comme
pétrifié, en appui sur le piano. Drôle d'image qu'analyse LN avec une putain de
psychologie féminine : Steeve a besoin de soutien mais de solitude, de solitude
mais de soutien.
Je suis zen, je sens Steeve intouchable. La suite me donne tort, mais alors tort
dans des proportions qu'aucun ulcère d'estomac n'a jamais envisagé. Qu'Amel
sorte en premier, soit. Mais que Steeve ne soit pas le second, qu'il fasse
partie des deux derniers, et c'est plein de choses qui, tout à coup,
s'écroulent. Pelisse me regarde, un peu inquiète. Mais moins effondrée que moi,
qui suis accroupi sur ma chaise, l'air défait, le bandana un peu hagard.
Castaldi doit beaucoup t'aimer, Steeve. J'ai l'impression qu'il fait durer le
suspense beaucoup moins longtemps qu'à l'habitude.
Ok, C'EST F-I-N-I, Laura kaput. Steeve is back, et mon ulcère peut attendre. Je
bondis de ma chaise, et me jette dans les bras de Pelisse (le gars de la
sécurité n'a pas eu le temps de m'intercepter). L'oncle de Steeve me prend dans
les bras et me dit : "Il est pas beau, mon neveu ?".
Je ne sais plus ce que je lui réponds.
Steeve, resté digne depuis le début de cette très sale histoire, vient embrasser
sa mère, sa grand-mère puis le reste de sa tribu. L'oncle de Steeve demande à
son neveu d'embrasser Pelisse ! Steeve ne s'en prive pas. Je me demande, au
fond, qui est le plus satisfait des deux ! M'en fous, moi aussi, j'ai embrassé
Pelisse. Et Steeve. Ouais, et Steeve ! Car après, Pelisse et RockMe qui, elle
aussi, à droit à ses deux bises, mon sang ne fait qu'un tour.
"Eh Steeve, ok j'suis un mec, mais moi aussi, j'te ferais bien une bise".
Vendu !
La bise du boss, ça fait groupie dégénérée, mais, toute honte bue, ça m'a
franchement fait plaisir.
RockMe lui offre le livret. Il sourit, un peu ailleurs. De retour dans sa bulle
d'homme pudique et timide. Je fais des efforts quotidiens de remise en cause,
mais je n'arrive pas trouver, non pas un défaut (il en a probablement des tas),
mais une seule raison de ne pas l'aimer.
Steeve, t'es hors norme.
Va loin où ton chemin te mène, et surtout change rien !
Ari
INTERVIEW
: Steeve le matin de la
Final
(13 mai 2004)
Compte
rendu du jeudi 15 avril
// Compte rendu du jeudi 29
avril
INTERVIEW
: Steeve le matin de la Final
//
COMPTE RENDU DE LA FINAL jeudi 13 mai
Circonstances de l'interview : je suis sur place depuis 10h du mat', les
premières répetitions viennent de se terminer. Il est 12h30. Papy me fait
remarquer que Steeve est assis seul sur la moitié droite des gradins (en
regardant la scène). C'est le moment ou jamais... J'espère que Steeve sera OK
pour m'accorder cinq ou dix minutes. La discussion va durer une demi-heure.
Je lui demande s'il me reconnait, il hésite puis glisse un timide "Oui",
probablement pour me faire plaisir. T'inquiète, Steeve, on s'est juste serré la
paluche et fait une bise il y a quinze jours, je ne t'en veux pas ! Je lui parle
un peu de son site, et on embraye... Papy est avec moi, et on posera tour à tour
des tas de questions !
La semaine dernière, t'as poussé un gros ouf de
soulagement à l'énoncé de ton nom, alors que d'habitude tu étais hyper calme,
totalement maître de tes émotions.
Steeve : jeudi
dernier, ça a été une journée de merde. Vraiment la sale journée, où tu n'as
rien qui va. Les répets s'étaient mal passées, j'avais du mal à apprendre les
chansons, et j'étais sûr et certain d'être éliminé. Normalement, c'est vrai je
ne me manifeste pas. Mais là, j'étais vraiment sûr de partir, j'avais trop
galéré toute la journée, et j'avais zéro confiance. Alors quand j'ai entendu mon
nom, ouais, j'ai soufflé. On était plus que trois, et j'avais vraiment envie
d'aller en finale !
D'habitude, sur les autres primes, tu étais sûr
de rester ?
Steeve : Non, pas
du tout. J'ai toujours pensé que j'allais dégager. Je n'ai jamais eu aucune
certitude. Mais vraiment, sur la demi-finale, j'avais que des incertitudes.
Tu n'as pas l'air de beaucoup aimer ce moment où
on annonce le vaincu de la soirée.
Steeve : Je déteste
ce moment, c'est clair. On est tous là comme des pantins. Je déteste la
télé-réalité et le côté : "Ouahhhhhh, t'es éliminé, j'ai vachement de peine pour
toi !" alors qu'ils n'en ont rien à foutre (et même pire, ils sont trop contents
que cela ne soit pas tombé sur eux). Moi, je veux être honnete, et je ne fais
jamais semblant d'avoir de la peine. Quand j'entends mon nom, je peux t'assurer
que je suis hyper content. Mais pas la peine de hurler ou sauter en l'air, ce
n'est pas de la musique.
Tu parais parfois un peu gêné par la ferveur de
tes fans. Je me trompe ?
Steeve : (Il
réfléchit) Hum... Ca dépend, en fait. Moi, tu sais, je suis dans ma bulle, et je
ne me rends pas compte de grand chose, mais c'est vrai que ces derniers temps,
il m'est arrivé des trucs un peu hallucinants. L'autre fois, par exemple, je
suis sur les Champs-Elysées, je veux retirer de l'argent à un distributeur. Ben
ouais, ce sont des choses qui arrivent. Et je me retrouve avec un gonz qui me
demande un autographe, puis un deuxième... puis après, ça vient de partout, et y
avait au moins 200 personnes. La, ça devenait vraiment chaud, limite l'émeute.
Je me barre en courant et rentre dans un magasin. Je me dis "ouf, je suis
sauvé". Et là, j'ai les vendeuses du magasin qui me disent : "Ah, salut Steeve".
T'as pas l'air de te rendre compte que tu es
devenu un phénomène, et que tu es très, très connu !
Steeve : Non, comme
je t'ai dit, je suis dans ma bulle depuis trois mois. C'est dur de réaliser. Et
en plus, je vais pas faire le faux-cul. Quand je vais au Mac Do ou que je me
ballade, et qu'on me dit : "Salut Steeve", je suis hyper content ! J'ai toujours
voulu ça... En plus, c'est rare que les mecs qui m'apprécient fassent n'importe
quoi avec moi. Dans l'ensemble, ils sont vraiment très respectueux.
Tu veux dire qu'ils te foutent pas des bonnes
grosses claques dans le dos en hurlant : "Salut, mon gars !"
Steeve : (Il
sourit) Ouais, ça n'arrive pas ça. Mais j'ai quand même eu des cas. Surtout des
fans qui m'attendent la nuit devant l'hôtel. Je leur ai dit d'aller dormir, mais
certains sont restés. Le pire, ça a été ceux qui sont arrivés à trouver mon
numéro. Je me faisais appeler à 2h du matin dans ma chambre. On a du couper le
téléphone...
Ils te disaient quoi à 2 heures du matin ?
Steeve : Y avait de
tout. Y en a une qui me hurlait dans les oreilles : "Steeve, je t'aime, je suis
ta plus grande fan ! Attends, j'te passe mon mec". Ou une autre, un jour, il
appelle et me dit : "S'il te plait Steeve, tu peux me passer Charles ?". P'tin,
j'ai halluciné. Ouais, bien sûr genre je dors avec Charles et on s'enfile !!!
(J'explose de rire)
Et le regard des gens qui te connaissaient, il a
changé ?
Steeve : Ceux qui
m'aimaient, ils m'aiment toujours pareil. Ils sont juste super heureux pour moi.
Ceux qui m'aimaient pas, c'est vrai qu'ils me demandent de temps en temps des
autographes. Je signe, pas de blème. Mais j'oublie pas.
Bon, parlons un peu de ton album. T'as pas peur
que les fans de pop rock soient un peu surpris si ton prochain album est trop
metal ? Ou à l'inverse que le public heavy-metal te boude maintenant que t'as
chanté des tubes de Berger ou Halliday ?
Steeve : Moi, je
vais faire mon truc. Ce que j'aime, et basta. J'ai toujours aimé être dans
plusieurs registres. Il y a de la très bonne variété et du rock de merde.
J'espère que mon album sera sincère, qu'il y aura des bons morceaux. Si j'arrive
à ça, c'est déjà la fête.
Es-tu content des propositions de BMG en matière
d'album ? Peux tu nous en dire plus ?
Steeve : ouais, je
suis hyper content. Ils ont reçu entre 900 et 1000 compos. Et dedans, y a des
super trucs, surtout une qui est vraiment géniale que j'ai déjà choisie, et qui
sera sur mon album. Et puis, y aura au moins deux compos de moi. Je suis super
content, ouais. Je vais chanter des chansons que j'aime.
On beaucoup entendu parler de tes talents de
batteur et de guitariste, mais pour l'instant, on ne connait vraiment que tes
qualités de chanteur et d'interprétation. Le chant, ça représente quoi pour toi
?
Steeve : J'ai
toujours adoré chanter. Depuis que je suis mome. Mais j'étais vachement timide
quand j'étais petit, j'avais un peu tendance à me cacher. Alors, j'ai préféré
apprendre à jouer des instruments avant de chanter.
D'où te vient cette voix éraillée ? La clope ?
Steeve : Un peu,
ouais. Mais c'est surtout à force d'avoir hurlé depuis quinze ans, ça me l'a
bien cassée comme il faut. Je l'ai travaillé aussi, parce qu'avant j'avais une
voix un peu fluette. Maintenant, même quand je parle, j'ai l'impression que ma
voix a changé.
Steeve, t'as 31 ans. Et t'as salement galéré
avant d'obtenir ta chance. Est-ce que tes parents t'ont un jour dit qu'il était
temps que tu gagnes ta vie ?
Steeve : Non,
jamais. Mes grands-parents, ouais. Ils étaient un peu inquiets. Mais mes
parents, non. Ils m'ont toujours encouragé à faire ce que j'aimais.
(je lui glisse que je connais un peu ses parents, ses grand-parents et ses
frères, et qu'il a la chance d'avoir une famille formidable. Il sourit. Vous
savez, ce sourire qui fait s'envoler les filles
)
Steeve, je n'arrive toujours pas à comprendre
qu'un producteur ou un manager ne t'ait pas remarqué avant la NS ?
Steeve : c'est pas
tout à fait vrai. J'ai plusieurs fois été remarqué. Et c'est d'ailleurs pour ça
que j'y ai toujours cru. Y a eu des managers, des maisons de disque, des
groupes. Mais ils voulaient toujours me changer. Me faire chanter de la variété
de naze. J'avais même intégré un groupe prometteur. J'étais devenu leur chanteur
après avoir été auditionné. Mais ça m'a vite saoulé, c'était tous des fayots.
Quant à la maison de disque, ils voulaient me faire chanter de la daube, et même
changer mon nom. Moi, j'adore mon nom, alors j'ai dit non, et je me suis barré.
Paradoxalement, je n'ai jamais été aussi libre que depuis que je fais la
Nouvelle Star.
Ton nom, il vient d'où ? De l'Est, non ?
Steeve : Ouais, de
Russie.
Pour revenir sur ceux qui t'ont rejeté, qu'est-ce
que t'as pensé des producteurs de l'émission de Paris-Première ? Nous, on a t'a
trouvé enorme. Tu les a laissés parler, tu t'es bafré et t'as chanté !
Steeve : (il rit)
ouais, quand je suis arrivé, j'ai serré la main à Pascal Nègre. Il m'a à peine
calculé. Je me suis dit : bon, je m'asseois, je ferme ma gueule et je chante
quand on me le demande. Mais j'étais très content des remarques des critiques
rock.
T'as fait le signe de croix en arrivant. C'est
pas très rock'n roll, didon.
Steeve : Y avait
une caméra dans l'ascenceur, c'était pour faire le con. Est-ce qu'ils m'ont
filmé quand je fais des grimaces horribles à la caméra ?
(Je lui dis que non, mais je n'en suis plus très sûr...)
Et quand Nègre te dit : "Ne hurle pas, chante
!", tu penses à quoi ?
Steeve : A rien. Je
m'en tape. Le mec, il pense et dit ce qu'il veut...
Steeve, qu'est-ce que tu fais ce soir si tu
gagnes ? Et même si tu perds d'ailleurs ?
Steeve : on est
censé aller au Man Ray. Mais ça me gonfle. Je déteste les boîtes branchées. Je
vais essayer de m'échapper, même si je dois rentrer en taxi !
Si tu gagnes, ton single sera très vite dans les
bacs. C'est toi qui a choisi "Le Sud" ?
Steeve : Oui. J'ai
vu que ça avait plu à beaucoup de monde. Et puis j'aime bien Nino Ferrer. C'est
un mec qui était droit, et torturé. Il s'est suicidé d'ailleurs. Et c'est con,
mais ça a joué dans mon choix.
(Papy lui dit que tout le plateau avait été scotché quand Steeve avait chanté
pour la première fois "Le Sud" en répet'. "En temps normal, tous les mecs, à la
prod ou à la technique, ils sont blasés. Au mieux, t'as le droit à des
applaudissement polis, et là, t'avais 40 personnes qui t'applaudissaient debout.
Je n'avais jamais vu ça...")
Bon, le marathon se termine ce soir. T'as pas
peur du retour à la réalité ?
Steeve : si, je
flippe. J'ai été dans un cocon pendant trois mois. Je n'ai pas eu une minute à
moi, ça risque d'être un peu difficile, la retombée.
Bon, pas trop d'alcool et de drogue, hein !
Steeve : Ouais,
j'vais faire gaffe (grand sourire) ! Mais, bon, y a l'album qui arrive très
vite. Va y avoir du boulot. Et je vais pas avoir trop le temps de me poser cent
mille questions.
Bon, on va bientôt te laisser tranquille,
Steeve. Avant de te quitter, et même si on ne s'inquiète pas trop, on voudrait
te dire : "Surtout, change pas !"
Steeve : Je
changerai pas, c'est pas possible. Le truc auquel je pense tout le temps, c'est
qu'on va tous mourir. Et ça me fait vachement flipper. Les seuls moments où je
n'y pense pas du tout, c'est quand je chante. Quand tu sais que tu vas crever,
tu ne peux pas te la jouer. Ne vous inquiétez pas, je ne changerai pas.
(
)
Dis, t'as eu l'occasion de jeter un coup d'oeil
sur steeve-rock.com ?
Steeve : non, mais
mon père m'en a parlé. Je n'ai pas eu le temps d'aller voir, mais dès que je
rentre, je passe vous faire coucou, c'est promis.
Et le carnet qu'on ta remis, tu l'as lu ?
Steeve : ouais, je
l'ai à l'hôtel. Je le lis souvent : c'est vraiment super ce que vous avez fait.
Bon, on t'a assez dérangé comme ça. N'oublie pas
de prendre tes Advil, et va manger...
(je me découvre un côté mère-poule !)
Steeve : ouais,
j'ai jamais faim le jour des primes, mais faudrait que j'aille grignoter un
truc.
(Il ramasse ses affaires, dont sa guitare qui n'est jamais à plus de deux mètres
de lui).
On va avoir la chance de te voir avec la
guitare, ce soir ?
Steeve : Non, c'est
interdit par le réglement. Sinon, ça désavantagerait ceux qui ne savent pas
jouer d'un instrument.
Ca ne te manque pas trop ?
Steeve : si, il me
manque vraiment quelque chose. C'est comme une partie de mon corps.
Bah, même sans ta guitare, tu occupes très bien
l'espace.
Steeve : ouais,
j'essaie. Mais c'est pas pareil...
(on descend vers le réfectoire. Steeve a oublié son ticket jaune qui lui donne
accès à la mangeaille. Le contrôleur lui dit en souriant : "Bah, tu peux
rentrer. De toutes façons, je ne t'ai jamais vu avec ton ticket !")
Papy et moi lui souhaitons en coeur Bon Appétit et Bonne Chance !
On a tous les deux des étoiles plein les mirettes... et le poulet-purée infâme
qui nous tient lieu de déjeuner me semblera digne des plus grands festins.
En conclusion, Steeve m'a semblé décontracté et apaisé, tout au long de
l'entretien. On sentait qu'il était heureux d'être en finale, heureux d'être là.
Et libre, vachement libre. Steve, c'est mieux que Diego : carrément libre dans
sa tête !
Ari
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